Il suffit que je me mette juste 1 minute sur notre unique route à Bini (à Ngaoundéré III) pour que mon esprit se mette à recenser tout ce qui ne va pas: eau,courant, sécurité, éducation... tout y passe.
Notre unique route soit dit en passant fait partie de la nationale N°1 du Cameroun: notre tronçon ne paye pas de mine et il ressemble plus à une ruelle délabrée qu'à tout autre chose. Pourtant il y a des maires, des préfets et autres autorités politiques ou académiques qui passent par là ...
La question du transport à Ngaoundéré par exemple est problématique, aussi bien au sein de la ville que pour en sortir. Le diable est dans les détails ... Les problèmes sont là dans tous les secteurs, tout le monde voit et tu n'as pas l'impression que ça émeuve réellement les gens.
Entre les discours des politiques et la réalité, il y a parfois un grand fossé. La lutte contre la corruption ? je veux bien mais lorsque je vois un chauffeur de taxi en surcharge s'arrêter après injonction d'un officier (de police si je me souviens bien) sortir de sa voiture et donner 500 FCFA le plus naturellement possible, je me demande de qui se moque-t-on ? Le récipiendaire est en route en ce moment parce que les autorités ont lancé une campagne de sécurité routière... Il sécurise quoi en acceptant ce deal ?
Le vrai problème par rapport à cet exemple n'est même pas la surcharge. Le vrai problème se trouve (encore une fois) dans le manque de moyens de locomotion viable pour circuler dans la ville. Résoudre ce problème demande une réflexion et des prises de décisions impliquant plusieurs secteurs...
C'était juste un exemple parmi tant d'autres. Il en va ainsi pour toutes les villes du Cameroun...
Avec ce que je viens de dire on peut croire que je viens de débarquer au Cameroun. Et pourtant non; ce sont des problèmes que je rencontre tous les jours. Malheureusement pour moi, mon esprit n'est pas capable d'accepter tous ces manquements et de ne rien dire.
Plusieurs fois je me demande souvent : Comment puis-je aider à changer tout ça? .
Même jusqu'à aujourd'hui, la seule réponse que je puisse apporter est :
- de continuer à faire correctement mon travail et veuiller à ce qu'il serve effectivement à ses bénéficiaires (dans mon cas la communauté universitaire)
- apporter ma contribution au développement des communautés techniques au Cameroun
- de remplir mes droits et devoirs de citoyen, ce qui implique notamment de dénoncer les manquements constatés en utilisant les voies proposées par la loi même si parfois je le fais sans conviction
- d'amener mon entourage à prendre ses responsabilités ; cela passe parfois par des débats que j'initie en fonction des contextes ou montrer aux uns et aux autres que nous sommes dans un même système et que nous sommes tous liés
- par dessus tout, de conserver mes principes.
Je termine en souhaitant du fond du coeur qu'en 2012 une plus grande partie des camerounais comprenne qu'il importe de travailler (et bien) et qu'il faudrait que l'impunité et le laxisme cessent. A bientôt.


